Journée internationale de la fille

11 oct. 2019

Deux ans après l’adoption du Mois de l’histoire des femmes par le Canada, quelque 30 000 femmes et hommes de 200 pays des Nations Unies ont assisté à la 4e Conférence mondiale sur les femmes. L’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Bejing a donné lieu à la création de la Journée internationale de la fille qui a pour thème, cette année : Une force libre et inarrêtable. Lorsque je regarde de nouveau ce qu’a fait le mouvement # MoiAussi de 2017-2018, je constate qu’il a provoqué un grand tollé parmi les survivantes d'agressions sexuelles et de harcèlement. Le manque de respect envers les femmes, même après le lancement du mouvement, est évident dans l'examen des statistiques au Canada. On y note notamment ce qui suit :

  • En 2017, le nombre d'agressions sexuelles signalées à la police a atteint un sommet en octobre.

  • Le nombre d’agressions rapportées sur une période de 10 ans et plus a augmenté de 6%.

  • Les jeunes femmes de moins de 25 ans rapportent le plus grand nombre d’agressions, mais l'augmentation n'a été que de 1%.

  • Les agressions sexuelles contre les femmes ayant des relations professionnelles avec l'accusé ont augmenté de 4%.

  • Comparativement à la période précédent #MoiAussi, moins d'accusés ont été identifiés en lien avec l'agression sexuelle après #MoiAussi ; toutefois, lorsqu'un accusé a été identifié, le pourcentage de personnes inculpées n'a pas changé.

Plusieurs éléments ressortent de ces statistiques, principalement le fait que, même si les médias ont soulevé la situation dans tous les foyers du Canada, rien n’a pour autant changé. La seule exception à noter concerne la très brève période au cours de laquelle les femmes se sont senties autorisées à s'exprimer. Il n’en reste pas moins que :

  • 300 femmes et enfants se retrouvent à la rue chaque soir, au Canada, du fait que les refuges sont pleins.

  • 1,9 million de Canadiennes vivent avec un faible revenu.

  • 36% à 14% … telle est la baisse du pourcentage de filles qui ont confiance en elles entre la 6ème et la 10ème année.

  • 60% des femmes sont moins susceptibles que les hommes de passer de cadre intermédiaire à cadre supérieure.

Ces données sont à la fois stupéfiantes et épouvantables – rien ne pourra faire passer cette amère pilule ! Ces chiffres ne mentent pas. Pour changer notre avenir et celui de nos filles, nous DEVONS reconnaître les erreurs du passé et aussi celles du présent. Il faut que ces données gonflent notre motivation -- en tant que fière femme des Premières nations et mère de deux filles, je ne vois pas d’autre choix. Le thème de cette année est mieux décrit par des filles comme Emma Gonzalez. D’une même voix, avec elles, nous disons ‘ça suffit’, il est temps de contrôler les armes à feu, surtout après la fusillade en Floride, et de nous ranger aux côtés de Greta Thunberg qui a pris la parole aux Nations Unies pour clamer haut et fort « Comment osez-vous ! », devant l’incapacité des nations à agir sur la crise environnementale.

Le meilleur moyen de mettre à l’honneur les femmes fortes qui nous ont précédées est encore de nous défendre nous-mêmes, et d’en faire autant pour nos consœurs, nos camarades et nos confrères, et d'enseigner à nos enfants la véritable responsabilité de leurs actes. Tout cela, nous pouvons le faire. Si chacune et chacun d’entre nous passent à l’acte, les prochaines générations, lorsqu’elles jetteront un regard sur nous, au lieu de dire que rien n'a changé diront plutôt « voilà quand les choses ont changé ! ». À nous de faire en sorte que les filles d'aujourd'hui grandissent dans un Canada où elles sont respectées sur un pied d'égalité, et où le sexe n'a pas d'importance.