Mois de l'Histoire des femmes

3 oct. 2019

Depuis 1992, le mois d’octobre est connu comme celui de l’histoire des femmes dont le thème de cette année est #OnInfluence. Le Canada a été, depuis toujours, le témoin d’un très grand nombre de femmes fortes et ce, dans tous les domaines et toutes les sphères d’influence. Cette année, je pense au récent mouvement #MoiAussi, et à la brève campagne médiatique et au tollé général que la violence faite aux femmes a pu susciter. Je compare ensuite cela à la lutte que nous menons pour inclure un congé pour violence conjugale dans nos conventions collectives, ou à tout le moins dans nos codes du travail. Dans mes recherches, qui m'ont conduit dans des endroits très sombres, j'ai trouvé une lumière. Elle a pour nom Attiya Khan, et est une cinéaste canadienne qui, après 20 ans, confronte son agresseur devant la caméra.

J'ai visionné la bande-annonce puis regardé ce documentaire qui donne vie à la langue vernaculaire silencieuse de l'Amérique du Nord. « Un homme meilleur » a pu donner la parole à une victime et, étonnamment, aider son agresseur. C’est lent et douloureux, les messages extrêmement difficiles à entendre, et pourtant nous devons parler de violence conjugale. Les côtés sombres de l’humanité ont besoin du silence et des ombres pour exister. Attiya Khan a utilisé le film pour se soigner et faire briller une lumière dans cette obscurité. Elle avait à peine 16 ans lorsqu'elle a rencontré Steve. Après deux ans d'abus, des gens ont tiré leurs rideaux quand elle a couru dans la rue en criant au secours. Personne ne l'a aidée… la société lui disait en sourdine ‘tu n'es pas digne’. Peu de femmes maltraitées ont une forte estime de soi et quand la violence a lieu si jeune, c’est un miracle qu’elle ait pu survivre. Le fait qu’elle soit ici aujourd’hui pour raconter son histoire et nous dire qu’elle a réussi à s’en sortir, témoigne de sa force intérieure tranquille.

Le récit d’Attiya Khan incarne bien le thème de cette année #OnInfluence. Militante des droits de la femme, elle a déclaré : « … je ne peux supporter la prévalence intolérablement élevée de la violence conjugale… ». Attiya, maintenant libre du joug de son agresseur depuis 25 ans, milite depuis 17 ans pour les droits des femmes. Deux années se sont écoulées depuis le tournage du film, aussi je l'espère maintenant libérée du poids qu'elle a porté pendant toutes ces années. Aidons les femmes comme Attiya et luttons contre la violence conjugale.

 

Kelly Bush

Vice-présidente nationale - Équité