10e anniversaire de Phénix: Depuis dix ans, ils tiennent le fort

26 févr. 2026

Je suis le président national du Syndicat des services gouvernementaux, fier de représenter les employées et employés qui travaillent au Centre des services de paye de la fonction publique du Canada.
 
Depuis une décennie, le système de paye Phénix est devenu synonyme de frustration, d’incertitude et de difficultés. Les histoires de retards de paye, de trop-payés et de chaos administratif ont fait les manchettes. Ce qui est beaucoup moins visible, ce sont les travailleuses et travailleurs qui se trouvent en première ligne de cette crise, jour après jour.
 
Aujourd’hui, je prends la parole pour parler d’eux.
 
Depuis dix ans, les employées et employés du Centre des services de paye portent le poids d’un système qui n’a pas fonctionné comme prévu. Depuis dix ans, ils tiennent le fort. Pendant que l’attention publique se concentrait sur les ratés et les répercussions politiques, ces employés se sont présentés au travail chaque jour avec un objectif simple : aider les gens à être payés correctement et le plus rapidement possible.
 
La pression à laquelle ils font face est immense. Ils parlent quotidiennement à des fonctionnaires inquiets pour leur hypothèque, leur loyer, les frais de garde ou leurs revenus de retraite. Derrière chaque dossier se trouve une personne confrontée à un véritable stress financier. Les employées et employés du Centre entendent ces histoires. Ils absorbent la frustration. Ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour résoudre des problèmes découlant de décisions qu’ils n’ont pas prises et d’un système qu’ils n’ont pas conçu.
 
Plusieurs ont accompli ce travail tout en vivant eux-mêmes la même incertitude.
 
Au fil des ans, ces employés sont devenus le visage humain d’un système défaillant. Dans des moments de frustration bien compréhensible, la colère s’est trop souvent dirigée vers celles et ceux qui tentaient justement de régler la situation. Ils ont essuyé des appels difficiles, des courriels cinglants et des critiques en ligne, tout en faisant preuve de professionnalisme et d’empathie.
 
Ce poids est bien réel.
 
Il affecte le moral. Il affecte la santé mentale. Il affecte la façon dont on se sent au début de la journée de travail, en sachant qu’on devra encore réparer quelque chose qui échappe à son contrôle.
 
Chaque employée et employé du Centre des services de paye a été touché par Phénix. Chacune et chacun.
 
Soyons clairs : le problème, c’est le système, pas les travailleuses et les travailleurs.
 
Ils n’ont pas conçu Phénix. Ils ne l’ont pas mis en œuvre. Ils ne déterminent pas les politiques qui l’encadrent. Leur rôle a toujours été d’en limiter les dégâts : stabiliser, corriger, répondre, rassurer.
 
Et depuis dix ans, c’est exactement ce qu’ils font.
 
Si la fonction publique fédérale a continué de fonctionner malgré la crise de la paye, c’est en grande partie grâce à leur dévouement. Ils ont traité des dossiers, réduit des arriérés, répondu à des appels, apporté des corrections et navigué dans une complexité exceptionnelle. Ils l’ont fait discrètement, sans éclat, souvent sans reconnaissance.
 
Leur engagement mérite plus que des mots. Il mérite des actions.
 
Des niveaux de dotation durables sont essentiels pour réduire les arriérés et éviter d’aggraver la pression. Des solutions stables et à long terme, et non des mesures temporaires, sont nécessaires pour que les employés ne soient pas constamment en mode crise.
 
Les fonctionnaires consacrent leur carrière à servir la population. Les employées et employés du Centre des services de paye ne font pas exception. Ils croient à l’importance de leur travail. Ils croient que chaque personne mérite d’être payée correctement et à temps. Ils comprennent les conséquences lorsque ce n’est pas le cas.
 
Depuis dix ans, ils portent un fardeau qui n’aurait jamais dû reposer uniquement sur leurs épaules.
 
Ils ont fait preuve de résilience face aux critiques. Ils ont démontré un professionnalisme remarquable sous une pression extraordinaire. Ils ont continué à servir, même lorsque c’était difficile.
 
Ils ont tenu le fort.
 
Après une décennie, ils méritent non seulement notre compréhension, mais aussi notre respect et le soutien concret nécessaire pour enfin tourner la page.
 
Depuis dix ans, ils ont fait leur part.
 
Il est temps que les responsables assument la leur.
 
Bruce Roy
Président national 
Syndicat des services gouvernementaux 
Alliance de la fonction publique du Canada